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Le laboratoire - Laboratoire d'Océanographie de Villefranche-sur-Mer
Unité Mixte de Recherche 7093 – CNRS/UPMC

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Lettres Ecologiques

Les lettres écologiques sont destinées à rappeler quelques événements dans la vie des zoologistes qui ont travaillé à Villefranche-sur-mer,  leurs  découvertes et les méthodes qu’ils ont utilisées à la fin du 19ème  et au début du 20ème siècle.

 

Lettre écologique 1:

L'Anchinie, une ...

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Chiffres-clé

Effectifs du LOV - Décembre 2016 (80)
  • Personnel statutaire (50)

- 32 Chercheurs et Enseignants Chercheurs

- 18 personnels techniques et administratifs

  • Personnel non statutaire (37)

- 10 Post-doc

- 7 CDD

- 13 Doctorants

Lettre Ecologique n°1- L'Anchinie

Episode 4 - Un animal étrange a été trouvé par Korotneff dans la Baie de Naples. Est-ce une nouvelle sorte d’anchinie 

 

En 1890, c’est un autre morceau de tunicier qui surprend Korotneff.

Korotneff est revenu pendant l’hiver à Naples. C’est là que l’on peut retrouver le contact avec les zoologistes du Nord de l’Europe. Ils sont nombreux à venir travailler sur les animaux marins. Un jour, on lui apporte un bocal contenant d’étranges tubes gélatineux couverts d’individus transparents. Ils sont assez gros (3-4 cm de diamètre) et très fragiles. En effet, si l'on secoue un peu trop vivement le bocal, les individus se détachent des tubes. A la Stazione Zoologica, personne ne sait quel est cet animal. Même les marins du laboratoire n’en ont jamais vu. En revanche, Korotneff a immédiatement identifié l’objet. C’est, bien sûr, une sorte d’anchinie. Mais, si l’animal a bien l’aspect général d’un segment de stolon d’anchinie, les individus qui couvrent ce tube ressemblent fortement à des dolioles.

Les différences avec l’anchinie sont telles que Korotneff se propose de créer une nouvelle espèce. Quel nom lui donner ? Il demande alors conseil et une sorte de parrainage pour cette nouvelle espèce, à deux collègues zoologistes de la Station, les professeur Eisig et Mayer.

Korotneff n’en dit pas plus, mais on pourrait imaginer la suite. Si ses deux collègues ne sont pas encore professeurs, ils font quand même partie de la structure du laboratoire et sont de très bons zoologistes. Eisig est le sous-directeur, spécialiste des annélides benthiques, et Mayer travaille sur les caprellidés, des petits amphipodes benthiques. Il est aussi le responsable des collections.

On pourrait alors imaginer les discussions des trois zoologistes, plutôt au cours d’un repas, dans un de ces pittoresques restaurants du port. La discussion doit être animée car ce tube gélatineux est un objet zoologique vraiment passionnant. Dommage qu’Uljanine n’ai pu se joindre au groupe pour rappeler l’anatomie de la nourrice de doliole. Malheureusement il vient de mourir. A la fin du repas, après un petit verre de limoncello, ou même deux, le nom est trouvé : Doliole + Anchinie = Dolchinie. Ce sera donc Dochinia mirabilis (1891).

Combien de décisions importantes, orientant le cours de la recherche, n’ont-elles pas été prises, après de longues discussions, au cours d’un repas de travail ?

Korotneff fait des dessins, des vues en volume, des coupes.

 

Un morceau de tube couvert d’individus (Korotneff, 1890)

 

En effet les individus attachés au stolon ressemblent assez bien à des phorozoides de dolioles.

 

Quelques individus attachés au stolon (Korotneff, 1891)

 

Lorsqu’il est de retour à Villefranche, Korotneff rédige un article qui paraîtra en 1891 dans le journal de la Station de Naples, Mittheilung aus der Zoologischen Station zu Neapel (12). Mais, pourquoi écrit-il en français cette fois-ci ? Voici une hypothèse : pour que Barrois, avec lequel il a si souvent parlé de ces animaux, puisse plus facilement lire l’article. Dohrn est d’ailleurs heureux que l’on publie en français puisque la Stazione Zoologica est un laboratoire international.

 

Mais où est donc la nourrice ?

(à suivre)

 

Notes et Références

(12) - Korotneff A. (1891) La Dochinia mirabilis (nouveau Tunicier) Mittheilungen aus der Zoologischen Station zu Neapel, 10, p 187-205, 2 pl