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Le laboratoire - Laboratoire d'Océanographie de Villefranche-sur-Mer
Unité Mixte de Recherche 7093 – CNRS/UPMC

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Lettres Ecologiques

Les lettres écologiques sont destinées à rappeler quelques événements dans la vie des zoologistes qui ont travaillé à Villefranche-sur-mer,  leurs  découvertes et les méthodes qu’ils ont utilisées à la fin du 19ème  et au début du 20ème siècle.

 

Lettre écologique 1:

L'Anchinie, une ...

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Chiffres-clé

Effectifs du LOV - Décembre 2016 (80)
  • Personnel statutaire (50)

- 32 Chercheurs et Enseignants Chercheurs

- 18 personnels techniques et administratifs

  • Personnel non statutaire (37)

- 10 Post-doc

- 7 CDD

- 13 Doctorants

Lettre Ecologique n°1- L'Anchinie

Episode 1 : Un animal étrange a été trouvé dans la rade de Villefranche

 

En janvier et février des morceaux de tubes gélatineux d’environ 10 à 12 cm flottaient à la surface de la rade, et il ne se passait pas un jour sans que l’on apporte 1 ou 2 de ces objets au laboratoire. A l’intérieur du tube, on pouvait voir, à l’œil nu, un autre tube de texture plus ferme, plus consistante, mais qui contenait, lui aussi, une substance gélatineuse. Avec une loupe on constatait qu’il porte des bourgeons plus ou moins alignés sur la face que nous appellerons ventrale. Et en regardant plus soigneusement le tube interne, on pouvait voir à côté de ces bourgeons qui sont des amas de petites cellules, de grosses cellules amiboïdes qui semblent se promener librement dans cette matière gélatineuse.

Sur certains morceaux de tube, il y a de grosses protubérances, de gros bourgeons, qui semblent fixées par un pédoncule sur le tube interne. Ce sont des individus, d’environ 7 mm de long, légèrement  teintés de rouge, séparés les uns des autres. Ils paraissent posséder une branchie et des organes dont la structure évoque un appareil digestif et des gonades.

D’autres morceaux de tube portaient des protubérances plus petites, de 4 mm de long. A la loupe, on remarquait sur leur pédoncule quelques points rouges, ainsi que sur des papilles situées à l’entrée d’une sorte de pharynx. On pouvait reconnaître un appareil digestif mais il n’y avait aucune trace de gonades.

Il était difficile de conserver, dans un bocal d’eau de mer, ce tube muqueux intact plus d’une heure. Il se dissociait et les individus étaient alors dispersés. Aussitôt récolté, il devait être fixé. Dans ces conditions, il était alors possible de faire des coupes histologiques qui sont indispensables pour comprendre la structure de cet ensemble de bourgeons énigmatiques. L’histologie est maintenant une technique de pointe qui complète les dissections, et on peut trouver des microtomes dans tous les laboratoires.

Ces tubes gélatineux sont certainement des morceaux d’un animal de grande taille. On en avait aussi rencontré en hiver, à Naples, mais à la « Stazione Zoologica », où on pêche quotidiennement les animaux planctoniques, personne n’avait de nom pour ces choses. L’animal en entier est encore inconnu, mais les individus que portent scs morceaux ressemblent étrangement à des tuniciers.

 

Jules Barrois pouvait écrire ces remarques en 1885.                  

 


Voici un morceau de tube gélatineux, d’environ 12 cm, récolté pendant l’hiver 1883-1884. Dans son axe se trouve un autre tube contenant des cellules, ou des groupes de cellules, de différentes tailles. (d’après la reproduction lithographique des dessins de Jules Barrois (1885), planche VIII, figure 1. On a ajouté des cercles pour souligner le volume du tube gélatineux et à l’intérieur du tube prolifère portant les bourgeons).

(à suivre)

LOV - 01/06/15