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Bienvenue au Laboratoire d'Océanographie de Villefranche-sur-Mer - Laboratoire d'Océanographie de Villefranche-sur-Mer
Unité Mixte de Recherche 7093 – CNRS/UPMC

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Lettres Ecologiques

Les lettres écologiques sont destinées à rappeler quelques événements dans la vie des zoologistes qui ont travaillé à Villefranche-sur-mer,  leurs  découvertes et les méthodes qu’ils ont utilisées à la fin du 19ème  et au début du 20ème siècle.

 

 

 

Lettre écologique 1:  l’Anchinie, ...

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A voir

I- Comprehensive Model of Annual Plankton Succession Based on the Whole-Plankton Time Series Approach

Les données recueillies dans la rade de Villefranche-sur-mer valorisées par JB Romagnan, L Legendre, L Guidi, JL Jamet, D Jamet, L Mousseau, ML Pedrotti, M Picheral, G Gorsky, C Sardet et L Stemmann dans un article publié dans la revue PLOS One en mars 2015. Voir La lettre de l'INSU N°243Nouvelle fenêtre, et l'article dans PLOS One.Nouvelle fenêtre

 

II- De la vague à l’âme : un demi-siècle de la vie d’un océanographe

Les années 1960 marquèrent le début de l’âge d’or de l’océanographie française. Ce fut une explosion scientifique où chaque océanographe eut sa part d’aventure faite de rencontres, de croisements, de coopérations multiples au niveau national et international.

Guy Jacques, qui fut, en France, un artisan de cette mutation nous la raconte dans le détail et avec brio. Abondamment illustré, ce récit est celui d’un témoin des formidables progrès réalisés en océanographie en cinquante ansNouvelle fenêtre.

 

III- Mon Océan & Moi

Un projet éducatif pour développer la place accordée à l'étude et à la compréhension de l'Océan dans les écoles, collèges et lycées.

Retrouvez ce projet sur le site WEB de « Mon Océan & moi » Nouvelle fenêtre

 

Lettres Ecologiques

Les lettres écologiques sont destinées à rappeler quelques événements dans la vie des zoologistes qui ont travaillé à Villefranche-sur-mer,  leurs  découvertes et les méthodes qu’ils ont utilisées à la fin du 19ème  et au début du 20ème siècle.

 

 

 

Lettre écologique 1:  l’Anchinie, une histoire des zoologistes de Villefranche-sur-mer à la fin du XIXe siècle.

Feuilleton en 5 épisodes : 1, 2, 3, 4, 5

Résumé

Pendant l’hiver 1882-1883, on apporte à Jules Barrois des tubes gélatineux recueillis en surface dans la rade de Villefranche (10 cm de long, 2 à 3 de diamètre). Ce sont des morceaux d’un animal inconnu. Cependant grâce au travail de Vogt sur les animaux nageant de Nice, Barrois reconnait des morceaux d’Anchinia, un tunicier planctonique. Barrois et Kowalevsky étudient les différentes cellules qui sont regroupées dans ce tube gélatineux et l’anatomie des individus plus organisés qu’il porte. On les désigne sous le nom de « zoïdes ». Ils montrent un estomac, un pharynx et une sorte de branchie. Ces individus ressemblent aux blastozoïdes des dolioles, et ce tube gélatineux serait donc un morceau de stolon du stade « nourrice ». Le terme de « nourrice » est utilisé pour désigner l’oozoïde, stade issu de l’oeuf chez les tuniciers pélagiques.

Korotneff, qui vient en 1883 au laboratoire de Barrois, étudie lui aussi cet animal. Cependant ses travaux sont discutés sévèrement par Uljanin, le pape des dolioles.

A Naples, un zoologiste russe, Nicolas Wagner, examine des tubes gélatineux que les pêcheurs de la « Stazione Zoologica » lui ont apporté. Ils ne sont pas tout à fait semblables à ceux de Kowalevsky et Barrois. Il décrit alors avec détail les grands zoïdes. A la fin du printemps 1884, il vient à Villefranche parler de ses observations à Barrois.

On peut suivre la compétition entre zoologistes de 1883 à 1885 à travers les publications. Elles révèlent des doutes, des affirmations, des prises de position, des critiques, mais elles montrent des dessins complexes de l’anatomie de cet animal étrange que l’on scrute minutieusement. Chacun fait un article court dans une revue publiant très rapidement pour prendre date, puis un article long et illustré dans d’autres journaux. Chacun, avec son style produit des planches lithographiques de dessins, quelques fois en couleur.

Cinq ans plus tard, en 1890, on apporte à Korotneff, qui fréquente aussi en hiver la Station zoologique de Naples, des tubes gélatineux. C’est probablement l’Anchinie. Surprise, la structure des tubes est différente. Les individus qui couvrent le tube de cet animal ont cette fois tout à fait l’allure de dolioles. Voici une nouvelle espèce. Description et choix d’un nom : Dolchinia mirabilis.

Il y aurait donc deux espèces Anchinia rubra et Dolchinia mirabilis. Elles sont rencontrées pendant les hivers en 1852, 1883 et 1890, soit à Naples, soit à Villefranche. On ne les signale plus les années suivantes. Personne ne les cherche d’ailleurs. Barrois à quitté le laboratoire de Villefranche, Korotneff est en mission et doit aussi assurer un enseignement de zoologie à l’Université de Kiew, Kowalevsky et Wagner s’occupent d’autres sujets. Que font les pêcheurs des laboratoires ? Pourtant ce sont eux qui les premiers ont vu et récupéré ces bêtes étranges.

 

Pendant l’hiver 1903, voici Anchinia qui réapparait dans la rade de Villefranche. Korotneff reprend le sujet. Dessins, hypothèses, publication, c’est la routine ! Mais on ne connaît toujours pas la nourrice. Pourtant, il y a du nouveau. On a pêché pour la première fois un morceau de Dolchinia dans la rade. L’espèce n’est donc pas restreinte au golfe de Naples.

 

En 2015, on ne connaît rien de plus, sur ces espèces. Personne ne les a signalées en Méditerranée. Il n’y a peut-être pas assez d’observateurs sur la mer. Dans les pêches de plancton standard au filet, les tubes gélatineux sont certainement détruits, mais les zoïdes dispersés devraient se retrouver dans les échantillons. Sait-on les reconnaître parmi les autres dolioles lorsqu’on ne les attend pas ? Pourtant on en aurait récolté au large de l’Alaska et peut être aussi en Atlantique Sud.

Les plongeurs, les submersibles, les vidéo-capteurs, peuvent probablement, un jour, rencontrer ces animaux et enfin photographier la mystérieuse nourrice.

Les changements de nom que nous imposent les taxonomistes ne doivent pas faire perdre de vue ces deux espèces :

Anchinia rubra s’appelle maintenant Doliopsis rubescens Vogt (1854),

Dolchinia mirabilis s’appelle Dolioletta mirabilis (Korotneff, 1891).

On leur a fait une place à la grande table d’EOL (Encyclopedia of Life), mais leur chaise est encore vide.

 

L’océan mondial garde encore quelques secrets.

 

Finalement l’histoire de ces découvertes est en morceaux dans les journaux suivants de la bibliothèque de l’OOV:

Zoologisches Anzeiger, Biologische Centralblatt, Zeitschrift für wissenschaftlische Zoologie, Journal de l’Anatomie et de la Physiologie, Archives de zoologie expérimentale et générale, Mittheilung aus der Zoologischen Station zu Neapel.

 

Accéder à l'épisode 1

 

Merci à Martine Fioroni et Olivier Boebion

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Paul Nival,  Avril 2015.

 

Notes et Références

LOV - 17/05/15